Partager l'article ! La nécessité d’un Syndicalisme de Classe, outils de l’émancipation des travailleurs: Avant d’exprimer le point de vue des Jeunes Tra ...
Avant d’exprimer le point de vue des
Jeunes Travailleurs de la JC du Rhône vis-à-vis de l’importance du syndicalisme de classe et de masse, une rapide définition s’impose. On entend par «classe travailleuse» ou «classe ouvrière»
l’ensemble des hommes et des femmes qui, exclus de la possession des moyens de production, sont contraints par la nécessité économique de vendre leur énergie mentale et physique pour gagner leur
vie. Un membre de la classe travailleuse ne se distingue ni par sa façon de s'habiller, de parler, ni par le quartier où il habite ni par son métier, ni par le lieu de son travail, mais par la
façon dont il gagne sa vie. Toute personne obligée de travailler pour un salaire, qu'elle soit ouvrier, technicien, employé de bureau, fonctionnaire, ou même cadre appartient à la classe
ouvrière.
Chose dite, en regardant la crise que nous connaissons aujourd'hui, il apparait de manière claire que la classe capitaliste a su tirer les leçons de l'histoire de la lutte des classes. En effet, les chocs que nous subissons aujourd’hui s'accompagne de tensions croissantes entre la classe des travailleurs et la classe des capitalistes, et ceci pour deux raisons. La première est que le gouvernement de Sarkozy, allié du patronat, met tout en œuvre pour reconquérir ce que la bourgeoisie a cédé au mouvement ouvrier durant la période d'expansion économique qui a suivi la deuxième guerre mondiale. Cette politique n'est pas propre à la France, mais se manifeste dans tous les pays capitalistes développés, particulièrement d'Europe, et ce quel que soit le gouvernement au pouvoir («social-démocrate» ou «libéral») dans ces pays. C'est ainsi qu'on voit les gouvernements s'attaquer aux retraites, aux droits des chômeurs, à l'assurance-maladie, etc. Cette politique des capitalistes démontre clairement aux travailleurs et à leurs organisations que le système ne peut plus tolérer la satisfaction de la moindre revendication, car celle-ci met directement en cause l'équilibre économique du capitalisme. Ainsi donc le système ne peut survivre qu'en intensifiant son exploitation de la majorité de la population, En effet, la satisfaction des besoins fondamentaux des travailleurs (logement, alimentation, santé, éducation) est de moins en moins réalisable dans le système capitaliste. Pour faire face à cette situation, la renaissance d'un syndicalisme de combat est une tache urgente.
Si le syndicat est l'organisation qui a pour tâche la défense des intérêts immédiats des travailleurs tout en luttant contre l'exploitation capitaliste, il n'est pas inutile de se demander quelle est la méthode la plus efficace pour parvenir à ce but: politique de concertation ou unité d’action. Si nous disons, tout en nous appuyant sur l'expérience historique, que la deuxième est de loin la plus valable, ce n'est pas par dogmatisme. La question doit être traitée sous l'angle de la lutte des classes, c'est-à-dire de l'incompatibilité entre exploiteurs et exploités. Entre ces deux classes, entre la politique de domination de l'une et celle d’émancipation de l'autre, il n'y a pas de collaboration possible. Ceci ne veut pas dire évidemment que le mouvement ouvrier ne doit jamais admettre de compromis: tant que le capitalisme lui-même n'est pas anéanti, les travailleurs et leurs organisations seront contraints à négocier. Ce qui est différent de la collaboration de classe, qui est la politique de négociation systématique avec l'espoir de régler les problèmes et d’acheter la paix sociale.
Comme nous l’avons dit plus haut, la crise actuelle démontre que le capitalisme n'a nullement changé comme on a essayé de nous le faire croire. Depuis 20 ans et la chute de l’Union Soviétique, les organisations réformistes ont joué ce jeu et nous ont expliqué que le capitalisme avait évolué, qu'il avait rectifié ses erreurs, qu'il était devenu plus humain et qu'il ne connaîtrait plus de crise économique comparable à celle des années trente. Aujourd'hui la crise conforte les analyses marxistes qui défendent au contraire que le capitalisme est toujours le capitalisme. On s'aperçoit que le langage des réformistes n'a qu'un seul but: justifier leur politique de collaboration de classes. On s'aperçoit aussi que les mêmes, face à la crise la plus grave depuis la dernière guerre, ne changent pas pour autant leur analyse et leur pratique.
Dans ces conditions, on peut se demander ce qui va se passer si les organisations ouvrières maintiennent leurs politiques réformistes et de collaboration de classes. Il y a en effet un danger réel de voir le réformisme syndical jouer le rôle d'arbitre entre le patronat et les travailleurs en lutte. A la longue, si un chômage massif et permanent s'installe et que des acquis du mouvement ouvrier sont entamés, on risque de voir s'installer la démoralisation chez les travailleurs, s'affaiblir le syndicalisme, et par là tout le mouvement ouvrier, réformistes compris. C'est pourquoi nous disons qu’il faut réorganiser au plus vite l’action syndicale sur la base de lutte des classes.
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